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Le doigt momifié d’un géant découvert en Egypte


Il y a près de 30 ans, un chef d’entreprise européen a photographié, alors qu’il se trouvait en Egypte, un doigt d’une taille bien supérieure à la normale. Celui-ci mesurait 38 centimètres, ce qui indique qu’il appartenait probablement à un être humain gigantesque

Gregory Spörri est un entrepreneur âgé de 56 ans, passionné de photographie et par l’Egypte Ancienne ainsi que le propriétaire de divers discothèques à Bâle, en Suisse. En 1988, se présentant comme un enquêteur privé, il entra en contact avec un vieil homme dont la famille pillait des tombes antiques depuis des générations. Les deux hommes se rencontrèrent dans une ferme à Bir Hooker, c'est-à-dire à environ 100 kilomètres au Nord-Est du Caire.

Contre la modique somme de 300 dollars, M. Spörri fut autorisé à jeter un œil sur l’inestimable trésor du pilleur de tombes.

C’est là qu’il découvrit, enveloppé dans de vieux chiffons, ce fameux doigt :

« C'était un paquet oblong, qui sentait le moisi. J'ai été absolument sidéré quand j'ai vu la relique brun foncé. »

Après en avoir fait la demande, il put le prendre en photo :

« Le doigt plié était fendu et recouvert de moisissures séchées. Il était étonnamment léger, peut-être quelques centaines de grammes. Mon cœur battait à tout rompre. C'était incroyable. La taille d'un corps correspondant aurait dû être d'environ sept/neuf mètres de haut... . »

Pour prouver la véracité de ses dires, le pilleur montra au Suisse un certificat d’authenticité ainsi qu’une radio prise aux rayons X. Ces documents dataient des années 1960.

« Les pilleurs de tombes imploraient tous Allah. Mais le doigt n'était pas à vendre. Il semblait être beaucoup trop important pour lui et sa famille. »

Pendant les années qui suivirent, le passionné présenta ses clichés à divers égyptologues et autres scientifiques. Hélas aucun d’entre eux ne prit soin d’étudier ou même de s’intéresser à ces incroyables images.

M. Spörri tenta en 2009 de retrouver le pilleur de tombes. Seulement, la ferme où il logeait était parti en fumée.

Mais l’homme intensifia ses recherches et s’intéressa grandement aux géants dans l’histoire et dans la mythologie. Il fut même amené à visiter clandestinement les fameuses pyramides de Gizeh. Sur place, il découvrit d’énormes sarcophages inachevés, visiblement réalisés dans le but d’accueillir les corps d’être d’une taille exceptionnelle.

En étudiant les récits d’historiens reconnus par leurs travaux, M. Spörri tomba sur un écrit édifiant de Flavius Joseph datant de 79 après J.-C. et tiré de l’Histoire de la Guerre des Juifs :

« Il y avait des géants. Beaucoup plus grand et de forme différente que les gens normaux. Terribles à regarder. Qui n'a pas vu de ses propres yeux ne peut pas croire qu'ils ont été si énormes. »

Des scientifiques ont étudié les photographies de Spörri. Ils sont rapidement arrivés à la conclusion que le doigt momifié était parfaitement authentique. Ils écartèrent rapidement l’hypothèse d’une croissance excessive du doigt liée à la makrodactylie, par exemple. Pour eux, la réalité de cet organe ne prouverait pas l’existence d’une race de géant !

Cette relique antique demeure donc un grand mystère … Qu’en pensez-vous ?

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Un ordinateur portable sur une sculpture antique ?


Les civilisations antiques connaissaient-elles les ordinateurs ? A cette surprenante question, beaucoup répondraient naturellement non. Et pourtant, une découverte pourrait peut-être suggérer le contraire …

Cette curiosité archéologique a été découverte par un certain Adam Pash alors qu’il visitait le fameux musée de Villa Getty, situé dans le quartier de Pacific Palisades, à Los Angeles. Sur la sculpture qu’il s’est empressé de photographier, on peut voir un jeune enfant présentant, à une déesse, ce qui ressemble étrangement à un ordinateur portable.

Bien évidemment, si l’on se replace dans le contexte historique de cette fresque, il parait évident qu’il ne s’agit pas là d’un PC, mais plutôt d’une boîte à bijoux. Mais ce n’est là qu’une théorie. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Une enfant raconte avoir rencontré une fée en 2001


Le 14 février 2001, une jeune fille de 7 ans aurait reçu la visite d’une fée alors qu’elle était alitée. Cette histoire, qui rejoint nos plus célèbres contes, elle l’a raconté sur le site Internet « Paranormal.about.com ».

Témoignage :

« Quand j'étais petite, je me sentais étrangement connecté aux fées. A l’époque, je vivais à Kennesaw, dans l’Etat de Géorgie.

Le 14 février 2001, quand j'avais environ sept ans, j'étais enfermée à l'intérieur de la maison à cause d’un rhume. Je ne pouvais pas aller à l'extérieur, je ne pouvais pas dormir à cause d'un horrible mal de tête et d’une toux. Mon lit était juste à côté d'une fenêtre claire qui donnait sur les bois. J'étais dans mon lit, et tout à coup un sentiment de bonheur et de calme m'a envahi. Mon mal de tête disparut ainsi que ma toux. Je me suis alors retournée dans mon lit et j'ai regardé à la fenêtre.

J'ai vu une petite boule de lumière violacée dans les bois. Curieusement, je n'avais pas peur. J'ai vu que la boule de lumière se déplaçait vers ma fenêtre. Dès lors, je ne me sentais plus malade. Je me suis levée et j'ai regardé par ma fenêtre. J'ai vu ce que je pensais être une fée qui avait la peau couleur bleu-lavande et un visage presque humain. La créature avait des yeux uniformément marron, sans pupille. Elle m’a en quelque sorte regardée de manière amicale.

La créature avait un minuscule nez pointu ainsi que de petits pieds. Elle ne devait mesurer pas plus de six ou sept pouces de hauteur [soit entre 15 et 17 centimètres environ, NDLR]. La créature a alors tiré  mes mains d'une manière assez étrange. Elle m'attirait vers l’extérieur.

J’ai rapidement enfilé mes chaussures et j’ai pris ma veste. J’ai couru à la fenêtre (ma chambre était au sous-sol) et j'ai vu la petite et délicate créature debout sur le rebord de la fenêtre. Tout ce que je me souviens ensuite d’une petite voix qui me disait : « Soyez bon pour nous et nous vous récompenserons. » Alors, mon mal de tête et ma toux sont revenus et ma mère m’a demandé de revenir à l’intérieur.

Depuis lors, je n'ai plus jamais revu de fées. Je prends grand soin de la nature. Lorsque je me balade dans les bois, je sens que quelque-chose de bienveillant m’observe. Je n'oublierai jamais ce 14 février. »

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Des dizaines de fées photographiées au Royaume-Uni


Un maître de conférence, appelé John Hyatt et âgé de 53 ans, affirme avoir photographié de véritables fées alors qu’il se trouvait dans la vallée de Rossendale située dans le comté du Lancashire, au Royaume-Uni …

John Hyatt est actuellement professeur à l’Université Métropolitaine de Manchester où il enseigne au sein du MIRIAD (Manchester Institute for Research and Innovation in Art and Design). Il y a de cela deux ans, alors qu’il se trouvait au cœur des paysages naturels du Lancashire (au Nord-Ouest du pays), il vit d’énigmatiques petites créatures virevoltant à quelques pas de lui. Il décida de les photographier, avec une exposition particulière.

Sur certaines de ces images, on peut aisément remarquer l’aspect « humanoïde » de ces prétendues fées : elles possèdent toutes deux jambes, deux bras, une tête, un corps et, pour finir, une paire d’ailes.

John, qui était membre du groupe de musique Three Johns Punk dans les années 1980 et 1990, insiste sur le fait que ses photos sont parfaitement authentiques et qu’elles n’ont pas été modifiés.

Il témoigne :

« C'était un véritable choc pour moi quand je les ai vu voler, j'ai fait une double prise. Peu de temps après avoir quitté cet endroit, j’ai pris des photos de mouches et de moucherons, et cela ne leurs ressemblaient pas du tout. »

John, qui vit dans la ville de Rawtenstall, a publié certaines de ses images sur les réseaux sociaux où elles ont engendré des débats plutôt animés !


Il a même décidé d’exposer publiquement ses photos au Whitaker Museum, situé dans le parc de Whitaker à Rossendale, tout au long de ce Printemps 2014.


John nous indique que le nom de cette exposition est un clin d'œil à la célèbre histoire des fées de Cottingley où deux écolières de Bradford avaient prétendu avoir photographié des fées dans leur jardin. Seulement, 60 ans plus tard, il a été mise en évidence que la photo était truquée et qu’elle avait été réalisée avec de simples morceaux de carton.

Mais, dans cette nouvelle affaire, le doute n’est pas permis pour notre professeur. Il espère que ses clichés changeront la perception qu’ont les gens de ces créatures légendaires et qu’elles apporteront un peu de magie dans une période très désenchantée de notre histoire.

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Les elfes font arrêter la construction d’une autoroute en Islande



Les islandais tiennent à leurs terres et aux créatures mythologiques qui y ont élu domicile. Pour preuve, plusieurs défenseurs des elfes ont joint leurs forces avec les écologistes dans le but de faire arrêter la construction d’une autoroute …

L’Islande est une île splendide où beaucoup de paysages naturels ont su garder leurs splendeurs de toujours. Seulement, depuis quelques jours, un projet d’autoroute provoque une large polémique dans le pays. Cet axe routier, s’il voyait le jour, permettrait de relier la banlieue de Gardabaer (située dans la capitale, Reykjavik) à la péninsule des Alfanes où le président de la République, Ólafur Ragnar Grímsson, y possède une maison.

Hélas pour les autorités du pays, le projet a dû être suspendu par la Cour Suprême d’Islande suite à un recours déposé par l’association des Amis de Lava.

Les militants dénoncent un impact culturel et environnemental important. D’ailleurs, les défenseurs des elfes précisent que ces créatures possédent une Eglise sur le terrain même où serait bâtie l’autoroute.

Andri Snaer Magnason , un opposant farouche au projet, a déclaré à l'Associated Press que sa préoccupation majeure était que la route couperait un champ de lave en deux et détruirait de nombreux sites de nidification des animaux .

Le folklore scandinave et nordique est riche en créatures mythologiques. La plupart des norvégiens, des danois et des suédois ne prennent plus au sérieux les histoires concernant les elfes, depuis le 19ème siècle environ. Mais en Islande, ces petits êtres tiennent encore une place prédominante dans le cœur de ses habitants.

En effet, dans une enquête menée par l'Université d'Islande en 2007, il est révélé que 62 pour cent des personnes interrogées pensent qu’il est possible que ces créatures existent.

Terry Gunnell, professeur de folklore à l'Université d'Islande, précise :

« C'est une terre où le vent peut vous faire tomber de vos pieds, où l'odeur du soufre de vos robinets vous dit qu'il y a un feu invisible, non loin en dessous de vos pieds. »

Il poursuit :

« Tout le monde est conscient que la terre est vivante, et on peut dire que les histoires de ces êtres cachés et la nécessité de travailler soigneusement avec eux reflète une compréhension que la terre exige le respect. »

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D’antiques traces de pas d’aliens découvertes en Inde ?



Un petit village pittoresque, situé au centre de l'Inde, a alimenté de vives discussions sur Facebook, après que d’anciennes empreintes de pas et une image gravée d'un mystérieux objet volant, aient été découverts gravés sur une roche.

Dans la cité de Piska Nagri, à la périphérie de la ville de Ranchi (dans l’Etat de Jharkahnd), le géologue indien, Nitish Priyadarshi, a étudié de mystérieuses et grandes empreintes. Selon la légende locale, ses traces de pas correspondraient à l’ultime témoignage que les dieux aient atterri, il y a des milliers d’années, sur Terre.

En les regardant succinctement, on peut objecter que ses pas ont été faits par des êtres portant des sandales bois, comme c’était à la mode, dans la région, il y a plusieurs millénaires. Dans la première série d’empreintes découvertes, elles mesurent 11 pouces de longueur (environ 28 centimètres) et 5 pouces de largeur (soit 12,7 cm). Dans le second ensemble (situé dans la même zone), elles mesurent 10 pouces (25,4 cm) sur 4.5 pouces (soit 11.4 cm). D’après certaines légendes de la religion Hindou, le roi légendaire de l’Inde Rama et son frère cadet Lakshmana s’étaient rendus dans cette région dans le but de rechercher la femme de Rama, Sita.

Priyadarshi nous indique que les empreintes sont sur ​​un roc de granit, et ont donc probablement été creusées-là plutôt que simplement imprimées :

« Elles peuvent avoir été faites manuellement par la population locale afin de garder en mémoire la visite des Dieux. »

Mais ce que Priyadarshi trouve intriguant, c'est l'image d’un étrange objet volant qui se trouve gravée juste à côté des empreintes.

« Les empreintes de pas et l'objet volant sont sur le même morceau de roche l’un côté à côté l'autre. Peut-être qu'ils ont été gravés pour indiquer que les deux dieux-rois sont arrivés à cet endroit à bord d'un objet volant. »

L'âge des empreintes n'a toujours pas été constaté.

« En analysant la phase de vieillissement [les empreintes trouvées ici sont altérés] des empreintes, on peut dire qu’elles datent peut-être de plusieurs milliers années. »

De nombreuses anciennes empreintes ont été découvertes dans le monde entier. Beaucoup d'entre elles sont extrêmement vieilles (des milliers d'années). Elles sont généralement sculptées, ce qui indique qu’elles avaient une certaine signification et un certain symbolisme pour les peuples qui les ont gravées.

Les Romains sculptaient parfois ce genre d’empreintes avant et après un voyage afin de leur assurer la protection divine. En Irlande et en Europe du Nord, les empreintes dans la roche étaient étroitement associées à la royauté ou à la chefferie.

Priyadarshi conclue : « Nous vivons dans un monde possédant des technologies très avancées, mais il y a néanmoins un grand nombre de mystères qui nous entourent. Les lieux antiques et les êtres mystérieux, les mondes et les cultures obscures, les paysages empreints de symbolisme, les apparitions inexpliquées, et les innombrables trouvailles provenant toutes des temps anciens sont autant mystères pour l'humanité, en dépit d’intenses investigations. »

Ces traces de pas sont-elles une preuve que des Dieux sont venus physiquement sur notre Terre, en des temps révolus, à bord de vaisseaux spatiaux ?

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Les Mayas débutent les cérémonies pour le 21 décembre 2012



A l’approche de la date fatidique du 21 décembre 2012, les Mayas sont au centre de toutes les attentions. D’ailleurs, ce peuple ancestral a débuté, dans la soirée du samedi 15 décembre, les cérémonies marquant le début du changement d’ère …

Ces cérémonies marquent la fin d’un cycle qui aura duré 5200 ans. Elles se déroulent sur la presqu’île du Yucatan au Mexique. Elles atteindront leurs paroxysmes le 21 décembre. Les fêtes ont commencé par des offrandes (notamment de maïs, symbole de fertilité) à la divinité Maya de la Lune, Ixchel, dans une grotte du village de Noc-Ac située à proximité de Mérida.

Pour les Mayas, il s’agit d’un évènement important. Mais pour beaucoup d’adeptes de spiritualités divergentes, voire sectaires, (comme le New-Age), le 21 décembre 2012 correspond au Jugement Dernier. Pour les experts Mayas, ces interprétations erronées de leurs cultures sont indignes.

Un spécialiste du CNRS (Centre Français de la Recherche Scientifique) affirme que la fin du grand cycle ne correspond en rien à une fin du monde mais plutôt au retour de la divinité Bolonyocte, celui « qui remet le temps en marche ».

Il n’y a donc a priori pas d’inquiétude à avoir, on a, de ce fait, toutes les chances de pouvoir vivre un Joyeux Noël 2012.

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La religion du peuple Andaman



Toutes les religions du monde ont-elles une origine commune ? C’est l’une des grandes questions que l’on peut se poser. En effet, aux quatre coins de la planète, on retrouve des versions très similaires des récits bibliques. Comment des peuples qui n’auraient jamais pu se rencontrer, en des temps reculés, ont pu raconter et rapporter exactement les mêmes histoires ? Le peuple Andaman vivait sur l’île du même nom et située entre l’Inde et la Birmanie. Il n’était pas réputé voyageur. Et pourtant, lorsque l’on regarde leur mythologie, on constate, avec stupéfaction, des ressemblances incroyables avec la Bible des chrétiens. Ainsi leur Dieu, Puluga, à l’image du Dieu abrahamique, envoya un énorme déluge sur Terre afin de punir les peuples de leurs désobéissances. De même, après cet évènement, il n’intervint plus dans la vie des hommes. On retrouve également chez ce peuple, un récit proche de celui du Prométhée de la mythologie grec, qui déroba le feu aux dieux. De nombreux points communs unissent les religions du monde entier. Ils sont si nombreux qu’il paraît raisonnablement impossible de ne penser qu’à des coïncidences. Mais, plus encore, ces peuples n’ont vraisemblablement jamais pu se rencontrer. Or, sachant cela, il est légitime de penser que les plus grands récits des plus grandes religions ont une origine commune. Les différences ne seraient apparues que plus tard après que des peuples aux cultures et aux mœurs bien distincts les eurent interprétés à leur manière. Cela nous amène à une question : existe-il une religion universelle primordiale qui aurait été oublié depuis ?

Je vous propose, par ce présent article, de découvrir l’une des légendes fondatrices du peuple Andaman.

Après que le Dieu Puluga ait créé le monde, il créa le premier homme et l'appela Tomo. Il était de couleur noire, comme ses descendants contemporains, mais était beaucoup plus grand et barbu. Puluga montra à Tomo comment utiliser le feu et surtout comment faire cuire des porcs qui, à cette époque, étaient très faciles à attraper puisqu’ils ne possédaient ni oreilles, ni nez. Plus tard Puluga engendra également une femme dont le nom était Chan Elewadi. Le couple originel eut, à son tour, deux filles et deux fils. Lorsque les porcs étaient devenus assez abondants pour être une nuisance, la femme la plus intelligente leur ajouta des trous sur leurs museaux et leurs têtes, leur permettant ainsi d'entendre et de voir, d’éviter le danger et de se procurer des vivres pour eux-mêmes. Puluga recouvra ensuite la terre entière de jungle dans laquelle les porcs nouvellement équipés pouvaient aisément se cacher, devenant ainsi beaucoup plus difficiles à attraper. Puluga venait régulièrement à la rescousse de la population en montrant à Tomo comment chasser à l'aide d'un arc et des flèches ainsi que la façon de construire des canots et à pêcher. Il montra à Chan Elewadi comment tresser des paniers, fabriquer des filets de pêche et d’utiliser de l'ocre et de l'argile blanche. Il fixa également un certain nombre de règles et de réglementations comme l'interdiction de travailler bruyamment la nuit pendant la saison humide. Puluga donna au peuple sa langue, A-Pucikwar. En ces jours Puluga vivait sur la montagne Sandle Peak et cette proximité lui permettait de visiter et d’instruire régulièrement son peuple. Les canots en ces temps anciens n’étaient, selon la légende, pas équipés de stabilisateurs et étaient fabriqués avec des troncs évidés de l'arbre pandanus.

Les ruisseaux, si caractéristiques du Grand Andaman, furent également créés à ce moment-là : Tomo avait harponné un gros poisson, qui dans ses efforts frénétiques pour s'échapper de la terre, frappa à plusieurs reprises avec son museau et provoqua des crevasses, qui se transformèrent en criques bien utiles pour ce peuple. Selon la légende, Tomo vécu jusqu'à un âge si avancé qu’il vit ses descendants augmenter en nombre à un degré tel que la patrie d'origine ne pouvait plus les accueillir tous. Puluga intervint de nouveau en équipant les hommes d’armes, et d’outils. Tomo et sa femme périrent noyés et furent transformés respectivement en une baleine et un petit crabe.

Le successeur de Tomo fut son petit-fils, Kolwot, qui s'est distingué en étant le premier à attraper une tortue. Après la mort de celui-ci, les gens sont devenus de plus en plus négligents, en ne respectant plus les commandements qui leur avaient été donnés lors de la création. Puluga cessa, petit à petit, de leur rendre visite et ensuite, sans autre avertissement et sans doute pour les punir, leur envoya une terrible inondation dévastatrice. Seules quatre personnes survécurent à cette crue : deux hommes Loralola et Poilola, ainsi que deux femmes, Kalola et Rimalola. Quand ils revirent la terre ferme, ils découvrirent qu'ils avaient perdu la maîtrise du feu et que l’ensemble des êtres vivants avaient péri. Puluga recréa les animaux et les plantes, mais ne semble pas leur avoir donné d'autres instructions. À ce moment critique, un de leurs amis noyés antédiluvien réapparu sous la forme d'un martin-pêcheur. Il remarqua leur détresse et s'envola vers le ciel où il trouva assis à côté Puluga, le feu. Il prit une bûche afin d’essayer de voler le feu et de l’emporter sur la terre. Le martin-pêcheur abandonna sa bûche après que Puluga lui lança une bûche de feu. Il rata sa cible et la bûche tomba près du camp des quatre survivants du déluge qui voyaient par la même occasion une grande partie de leurs problèmes résolus. La légende rajoute que depuis cette époque jusqu'à nos jours, les tribus Andamanes n'ont plus jamais vécu sans feu, grâce aux précautions qu'ils employaient pour se prémunir contre son extinction. Les survivants n'ont plus reçu d’aide, comme leurs descendants, et durent développer les compétences de la vie quotidienne en s’inspirant de leurs parents. Les pigments qui leur servaient de peinture sur corps auraient été redécouverts par hasard par des femmes parties à la recherche de racines comestibles.

Après s’être habitué à cette situation difficile, les survivants commencèrent à entretenir des pensées de vengeance contre leur dieu Puluga qui avait tué tous leurs amis. Lors de leur rencontre avec Puluga, le peuple pensa sérieusement à le tuer. Mais le Dieu lui-même leur parla et leur fit clairement comprendre qu’ils ne pouvaient pas le tuer avec leurs flèches, et que si, par malheur, ils essayaient de le tuer, il pourrait tous les tuer. Il leur expliqua également que leur peuple avait subi le déluge  à cause de leurs désobéissances. Ainsi l'obéissance et la soumission furent restaurées. On dit que c'est la dernière fois que Puluga s'est rendu visible, il rompit toute communication avec son peuple. Les Andamans se rappelaient de l’avertissement de Puluga et vécurent dans le strict respect de son commandement.

Quand, pour la deuxième fois de leur existence, leur nombre a augmenté à un tel point qu'il leur est devenu impossible de rester ensemble dans un seul endroit, un nouvel exode a eu lieu. Chaque partie prit le feu et les instruments nécessaires avec eux et s'installa aux quatre coins de la planète et adoptèrent leur propre langue distincte. Ils reçurent chacun un nom tribal.

Ce récit, si passionnant soit-il, devrait amener de nombreuses interrogations de la part des anthropologues et autres scientifiques. Chacun aura reconnu, sans aucune gymnastique intellectuelle, des éléments qu’ils connaissaient déjà. Les histoires rapportées par ce peuple ne pourraient-elles pas constituer la preuve ultime de l’existence d’un passé commun, un passé où ce serait Dieu qui serait à l’origine de toutes choses sur Terre ? Les scientifiques, depuis le 19ème siècle, se sont obstinés à poursuivre leurs recherches, presqu’exclusivement, sur l’évolution darwinienne, ne serait-il pas venu le temps d’essayer d’autres pistes toutes aussi sérieuses ?

Egalement publié sur :

Source
The Andamanese, Myths and Legends, George Weber

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Croyances Aborigènes



Les populations de l'Australie se réfèrent à des religions traditionnelles structurées autour du chamanisme animiste, du totémisme, du fétichisme et du culte des ancêtres selon les tribus concernées, ces communautés partageaient la même croyance entre eux mais leur grande répartition géographique entraîna une diversité religieuse. Les croyances découlent de la simplicité du mode de vie spirituelle et immatérielle des Aborigènes. 

Les Aborigènes, qui peuplèrent ensuite l'Océanie, furent influencés par des civilisations du nord plus avancées dans leur mythologie ainsi que dans leur adaptation à l'environnement hostile australien. 

Selon leur religion, le monde est peuplé d'un nombre infini de dieux sollicités par des rites magiques complexes comprenant des chants, des danses, des jeux, des sacrifices et le chamanisme. Les Australiens sont donc polythéistes et accordent à toute la nature, la faune et la flore un caractère sacré. 

Le temps du rêve est l'univers mythique qui vit surgirent les ancêtres, ces derniers façonnèrent le monde tel que nous le connaissons. Les rites et les songes permettent aux habitants de voyager hors de leur corps pour aller à la rencontre des ancêtres du Temps du rêve. Ces rites permettent aux Aborigènes d'établir une relation spirituelle avec la nature et les astres, ils revêtent le caractère sacré des anciens du Temps du rêve. Chaque homme est lié aux sites sacrés de sa région car ses ancêtres sont présents dans ces lieux. L'être humain a donc le devoir et l'obligation de préserver les rituels afin de maintenir l'ordre et l'équilibre crée par ses ancêtres. Ce Temps du rêve est aussi nommé Alcheringa ou Mura-Mura. Les personnages mis en évidence dans le Temps du rêve se réfèrent à des entités liées à la pluie et ses perturbations représentées par l'éclair, le tonnerre, les nuages mais aussi aux animaux qui y sont associés comme les grenouilles. 

Quand un homme meurt, son âme peut se retrouver dans le site totémique, soit le Temps du rêve soit dans le Chirunga (pierre ou objet gravé et peint représentant les ancêtres). 

L'origine de l'homme diffère selon les tribus australiennes, les Wondjina au nord-ouest et les Mamandabari du nord affirment que les premiers hommes surgirent du sol de la terre tandis que les aborigènes du sud-est et du nord-ouest décrivent dans leur culture le héros du ciel qui façonna l'univers ainsi que l'homme. Les populations plus à l'intérieur des terres considèrent que les hommes sont issus d'ancêtres sortis eux-mêmes de la terre. 

Dans les croyances, le mythe de la création délègue à la lune et au soleil les rôles primordiaux, ils sont associés à des animaux. Généralement, l'aigle, la corneille et la chauve-souris sont assimilés au commencement. La chauve-souris ou la lune inventèrent le sexe de la femme et donc le principe créateur. Ce sexe a été découvert par castration, renforçant par cette occasion l'élément masculin. 

Un animal est commun aux légendes des différentes tribus : le serpent arc-en-ciel. Cet animal apporta la fertilité à la terre après avoir façonné les formes du paysage. Il peut également punir par des inondations et des épidémies les tribus qui enfreignent les tabous. 

Le serpent arc-en-ciel cède son rôle à la Grande Mère en tant qu'être premier dans les territoires du nord de l'Australie. Elle créa la terre, la faune, la flore et les hommes. Grande Mère de l'Australie occidentale était une vieille femme avalant puis régurgitant les hommes. Cette sorte de mythe de Grande mère se retrouve dans d'autres tribus. Les filles de l'aînée des des 2 Djanggawul appelées Wawalag se rendirent à un point d'eau où elles énervèrent le serpent arc-en-ciel Yurlunggur. Ce dernier les goba pour ensuite les revomir sous l'aspect de fourmis vertes, chaque régurgitation correspondait à la cérémonie d'un rituel. 

Dans le nord-est, ses deux sœurs Djanggawul du Temps des rêves atteignirent la Place du Soleil après avoir quittées le pays des morts. Elles fairent surgir l'eau, les plantes, les animaux du sol en plantant leur bâton sacré nommé rangea. Les deux sœurs apprirent ensuite aux hommes les cérémonies des rituels qu'elles contenaient dans leur sac. Les hommes 
leur volèrent les objets sacrés et mutilèrent leur sexe pour en faire des femmes.

Source
Diablus.com

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Asena



Asena est le nom d'une louve dans la mythologie turque. Elle est associée à un mythe ethnogénique Göktürk « teinté de symbolisme chamanique". La légende est la suivante. Après une bataille, seul un jeune garçon blessé survit. Une louve, avec une crinière bleu-ciel, nommé Asena trouva l'enfant blessé et le soigna. Il féconda ensuite la louve. De cette union, naquit 10 êtres mi-loups mi-hommes. Parmi ces créatures, Ashina devint leur chef et fondateur du clan Ashina qui gouvernèrent le Göktürks et d’autres empires nomades. La légende a des parallèles avec les contes des autres peuples turques, par exemple, les Ouïghours.

Un suppléant de la légende se déroule comme suit : un village turc est, un jour, attaqué par des soldats chinois et tout le monde est massacré, le commandant prend pitié pour un petit bébé auquel il ne coupe que les bras et les jambes, l’abandonnant à son triste sort. Mais le général regrette sa décision et revient pour tuer le bébé. Entre-temps, ce dernier avait été sauvé par une louve à crinière bleu appelé Asena. La louve le soigna et s’accoupla avec le bébé, donnant naissance à un être mi-humain mi- loup, devenant ainsi le prédécesseur du clan Ashina.

Le nom d’Asena est souvent utilisé dans le nationalisme turc moderne. Asena a inspiré le nom et a été utilisée comme un symbole des Loups Gris, l'organisation de jeunesse du Parti du Mouvement nationaliste turque. Asena a aussi été utilisé comme un symbole nationaliste par l'Organisation turque de la Résistance.


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Baba Yaga



Baba Yaga est, dans le folklore slave, la vieille femme de la nature, une sorcière et la maîtresse de la magie. Elle est également considérée comme un esprit de la forêt, et la commandante des esprits.


1. Étymologie

Le nom diffère selon les variations de la langue slave. "Baba Yaga" s’épelle "Baba Jaga" en Polonais et "Ježibaba" en tchèque, et en slovaque. En slovène, les mots sont inversés faisant Jaga Baba. En russe, en bulgare et en ukrainien on la nomme Baba Yaga. Dans le sud des pays Slaves, dans le langage et la tradition, il y a une sorcière similaire nommée Baba Roga (en Croatie et Bosnie). Le nom Baba Yaga est composé de deux éléments : Baba signifie "grand-mère" ou "vieille femme". Yaga semble être le diminutive du nom slave Jadwiga : (Jaga/Jagusia/Jadzia, ...), bien que certains étymologistes pensent à d’autres racines pour ce mot. Vasmer (Max Vasmer, né le 28 février 1886 et mort le 30 novembre 1962, est linguiste allemand qui a beaucoup travaillé sur les problèmes d'étymologie des langues indo-européennes, finnoises, et turc. Ses travaux ont également portés sur l'histoire des peuples slaves, baltes, iraniens, et finnois), par exemple, objecte qu’il provient du proto-slave "ega".


2. Folklore

Dans les contes Russes, Baba Yaga est dépeinte comme une sorcière qui vole dans les airs sur un mortier, et d'un pilon qui lui sert de gouvernail et balaie les traces laissées derrière elle avec son balai fait d’un bouleau en argent. Elle vit dans une cabane ronde en bois qui se déplace sur une paire de cuisses de poulet, et / ou entouré par une palissade avec un crâne sur chaque pôle. Le trou de serrure de sa porte d'entrée est une bouche remplie de dents acérées, dehors la clôture est faite avec des os humains, sur lesquels sont posés des crânes, souvent, dans les contes, sur l'un des pôles il manque son crâne, laissant de la place pour le héros. Dans une autre légende, la maison ne révèle pas la porte jusqu'à ce qu'il soit dit une phrase magique : « Tournez le dos à la forêt, votre première pour moi » (Turn your back to the forest, your front to me). Dans certains contes, la maison est reliée à trois coureurs : un en blanc, montant un cheval blanc avec un harnais de même couleur, représentant la Journée ; le deuxième est le coureur rouge, qui est le Soleil, et le dernier est en noir, qui est de nuit. Baba Yaga est servi par des fonctionnaires invisibles dans sa maison. Elle vous expliquera qui sont les coureurs si vous lui demandez, mais elle tuera si un visiteur la questionne sur les serviteurs. Baba Yaga est parfois présenté comme un antagoniste, et parfois comme une source d'orientation, ce sont ces histoires où elle aide les gens dans leurs quêtes, et des histoires dans lesquelles elle a enlevé des enfants et menace de les manger. La recherche de son aide est généralement présentée comme un acte dangereux. Pour la rencontrer, l'accent est mis sur la nécessité de se préparer afin d’avoir un esprit pur. Dans la version christianisée de l'histoire, Vasilissa est envoyé pour visiter Baba Yaga, il est réduit en esclavage, mais les fonctionnaires de la sorcière, un chat, un chien, une porte, et un arbre, aident Vasilissa à s’échapper, car ce dernier s’est montré gentil avec eux. En fin de compte, Baba Yaga s’est transformée en un corbeau. De même, le Prince Ivan, dans le conte The Death of Koschei the Deathless (La Mort de la Koschei Deathless), est aidé à son encontre par les animaux dont il a épargné la vie. Baba Yaga, dans le folklore polonais, diffère dans certains détails. Par exemple, la maison de Baba Jaga n’a seulement qu’une jambe de poulet. Baba Jaga, volant dans le ciel, vêtue de noir et de rouge en tissu rayé, est un récit populaire de Holy Cross Mountain, et est un symbole non-officiel de la région de Kielce (il est a rapproché avec le légendaire sabbats des sorcières de la Bald Mountain). Dans certains contes de fées, comme dans The Feather of Finist the Falcon, le héros ne rencontre pas une mais trois Baba Yaga. Ces figures sont généralement bienveillantes, donnant au héros des conseils ou des présents magiques, ou les deux.


3. La cabane en jambes de poulets

Selon le folklore Russe, Baba Yaga habite, selon les dires d'Alexandre Pouchkine Lukomorye (une préface de son fantaisiste poème Rouslan et Lyudmila), dans une «cabine de cuisses de poulet ... sans fenêtres et sans porte». Baba Yaga elle-même utilise habituellement la cheminée pour voler qui est à la sortie de son mortier. Parfois, la porte semble à l'autre côté de la hutte, pour la voir, le héros devrait se prononcer "Hut, o Refuge, tourner le dos à la forêt, votre front à moi" ainsi la porte apparait par un mouvement de rotation de la cabine. Il semble que sa maison ne soit qu’une simple construction populaire : les chasseurs-nomades de la Sibérie ouralienne (finno-ougrienne) et les familles Tungusic, ont inventé, pour préserver leurs fournitures contre les animaux pendant leurs longues périodes d'absence, des battisses surélevées. Une cabane sans porte ni fenêtres, en bois, ronde est construite sur des supports fabriqués à partir de souches de deux ou trois arbres cultivés près de là ou coupés à la hauteur de huit à dix pieds. Les souches, grâce à leurs racines, donne une impression de «cuisses de poulet". En 1948, les archéologues russes Yefimenko et Tretiakov ont découvert de petites huttes du type décrit avec des traces de crémation ; encore une autre connexion au mythe Baba Yaga. Fantaisie des écrivains modernes, comme Tad Williams et Elaine Cunningham utilisent le principe de la cabine surélevée de cuisses de poulet dans leurs œuvres, tout comme Fritz Leiber (Fafhrd and the Gray Mouser).

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L'épopée de Gilgamesh


Au centre

L'«Epopée de Gilgamesh» est la première oeuvre littéraire de l'humanité vieille de 5000 ans.Gilgamesh est le roi mythique de la cité-Etat d'Ourouk en Mésopotamie vers 2650 avant notre ère. Le thème principal de l'épopée est la condition mortelle de l'homme et l'incompréhension des dieux ainsi que l'amitié qui unit deux êtres semblables et dissemblables. Cette amitié similaire à de l'amour ressemble à celle qui unit Achille et Patrocle.

Aruru, déesse de la création, entendit les plaintes des gens d'Ourouk car leur roi Gilgamesh, en parti homme et en partie dieu abusait de ses sujets. Gilgamesh connaissait charnellement les fiancées le soir de leur noce, les jeunes hommes étaient défiés et tués par le roi. Alors, la déesse prit la décision de donner à Gilgamesh un compagnon qui le ramènerait à la raison. Aruru créa Enkidu à partir d'une boule d'argile, il est couvert de poils et il a les cheveux feutrés, il est aussi beau et fort que Gilgamesh mais c'est un sauvage qui sème la panique parmi les chasseurs et les bergers. Gilgamesh, entendu parler de cet être, et décida de lui envoyer une courtisane l'humaniser. Enkidu connaît charnellement la femme six jours et sept nuits. Se relevant, la courtisane lui dit : «Tu es un homme maintenant.» et les animaux eurent peur de lui. Mais, Enkidu n'était pas heureux de sa nouvelle situation car il doit désormais manger la nourriture amère des hommes et endurer leurs souffrances. La courtisane le ramène en ville et la nuit précédant son arrivée, le roi fit deux rêves. Une étoile descendait du ciel vers lui et l'attirait à lui comme une belle femme, puis, une hache tomba du ciel et l'attirait comme l'étoile. Ninsun expliqua à son fils Gilgamesh le sens de ses rêves : «C'est un ami qui va te venir, un ami aussi fort que toi. Il est l'essence d'An. Il sera ton ami.»

Dans la cité d'Ourouk, Enkidu et le roi se battent et Gilgamesh est ravi, il a trouvé un adversaire aussi fort que lui. Gilgamesh avait décidé de s'octroyer le droit de connaître une future mariée et Enkidu s'interpose, ils se battent dans l'embrasure de la porte de la fiancée. Lors de la lutte, ils tombent dans la rue, se relèvent, retombent et renversent les étals du marché. Gilgamesh est victorieux de peu et Enkidu le sermonne sur son attitude. Le roi lui répond : «Personne n'a jamais rivalisé avec moi. J'ai enfin trouvé un compagnon digne de moi. Ensemble, nous pourrions aller à la forêt des Cèdres.» Gilgamesh explique à Enkidu, incrédule, qu'il souhaite débarrasser ses terres du mal personnifié par le terrible Humbaba, demeurant à la forêt des Cèdres. Mais, Enkidu a peur de mourir et Gilgamesh se mit à raisonner sur l'immortalité : «Qui peut atteindre le Ciel, ami? Seuls, sous le soleil, les dieux sont immortels, et les jours des mortels sont comptés.» Enkidu suit le roi et l'assemblée de la cité confia Gilgamesh à Enkidu, sa mission est de ramener indemne le roi.

Dans la forêt, Humbaba insulte Enkidu de «fils de poisson» et de «fou qui n'a jamais tété sa mère» car Humbaba a compris la nature d'Enkidu. Le dieu du ciel Shamash déchaîne des vents violents pour affaiblir le monstre, ses vents se nomment Grand Vent, Vent du Nord, Vent du Sud, Vent tourbillonnant, Vent d'orage, Vent glacé et Vent de tempête. Mais, le roi s'apitoie et demande à Enkidu de laisser la vie sauve au monstre. Enkidu explique alors à Gilgamesh qu'Humbaba est l'ennemi des hommes et qu'il doit périr. Gilgamesh, vexé, se dresse et insulte son compagnon de mercenaire. Indigné, Enkidu tranche la tête d'Humbaba d'un coup de hache. Puis, les deux compagnons, fatigués et souillés de sang, se lavent et se vêtissent de beaux habits. D'une grande beauté et couronné de sa tiare, la déesse Inanna s'éprend du roi et lui demande d'être son amant, elle lui promet chèvres fécondes et char de lapis-lazuli, mais, Gilgamesh repousse la déesse en lui rappelant ses crimes. Il l'insulte de «Chaussure qui blesse les pieds», d'«Outre à la peau rugueuse», de «Pierre friable qui sape les remparts» et de femme instable et malfaisante. Inanna, furieuse, va se plaindre à son père An, le dieu du ciel. Elle lui demande d'envoyer le taureau du ciel tuer Gilgamesh et s'il refuse, Inanna ouvrira les portes de l'enfer dévorer la nourriture des vivants. An accepte et les mugissements du taureau créent des gouffres dans lesquels tombent des centaines d'hommes d'Ourouk. Enkidu tombe dans un gouffre, se panse et ressort d'un bond du trou, il saisit le puissant animal par la queue et le tue en plantant son épée dans sa nuque. La déesse hurle de rage et Enkidu, fier, lui jette une cuisse de l'animal à la tête.

Alors, les dieux tinrent conseil. Gilgamesh et son compagnon doivent être châtiés et l'un deux doit mourir. Enlil dit : «Enkidu doit mourir! Gilgamesh, lui, ne mourra pas!» Shamash le Juste répondit : «N'est ce pas en réponse à tes ordres, que ces actes devaient fatalement se produire? Le meurtre du Taureau Céleste et d'Humbaba? Et aujourd'hui voilà que tu dis : Enkidu doit mourir!» Enkidu, couché sur son lit, souffre. Il meurt sept jours plus tard et Gilgamesh demande au monde de se lamenter la perte de son compagnon. «Que l'ours, la hyène, la panthère, le tigre, le cerf, le loup, le boeuf, le daim, que toutes les bêtes de la Steppe pleurent sur toi!» Puis, Gilgamesh recouvre le visage de son compagnon avec un drap et hurle «comme une lionne à qui on enlève ses petits».

Le roi erre à travers la steppe, il se lamente «Devrais-je mourir comme Enkidu? J'ai peur de la mort.» Gilgamesh décide de s'entretenir avec Utanapishtim, le survivant du Déluge, qui a gagné l'immortalité. Utanapishtim vit sur l'autre rive des Eaux mortelles mais, aucun homme n'a jamais pénétré le chemin qui mène aux Eaux mortelles. Alors, le roi déclare : «Quelle que soit la peine, quelle que soit la souffrance, dans la chaleur extrême et dans le froid de glace, j'irai!» Dans le chemin obscur avance Gilgamesh, vêtu de peaux et se nourrissant de baies sauvages, il narre ses malheurs : «Celui avec qui j'ai combattu, celui que j'aimais tant, aujourd'hui connaît le sort qui nous attend tous. Je ne voulais pas qu'on l'enterre, de peur qu'il ne se réveille. Six jours, sept nuits je l'ai veillé. Puis un ver est sorti de son nez. Il n'y a plus de vie pour moi.» Puis, le roi atteint le rivage des Eaux mortelles, il rencontre le passeur nommé Urshanabi et, après trois jours de navigation qui en correspondent à quinze sur l'eau, ils arrivent sur l'autre rive. Gilgamesh conte ses malheurs à l'immortel, et celui-ci le raisonne : «Tout le monde ne doit-il pas mourir? Construisons-nous nos maisons pour qu'elle dure éternellement? Nos engagements sont-ils éternels? La haine est-elle éternellement indéracinable? Depuis le début des temps, il n'est rien de permanent.» Néanmoins, le roi désire connaître le secret pour devenir immortel. Utanapishtim raconte l'époque d'un monde où les hommes se reproduisaient sans cesse, le bruit régnait, le dieu Enlil ne supportait plus ce vacarme et les dieux décidèrent d'exterminer l'humanité. Le Déluge était imminent mais le dieu Ea prévient en songe le vieil homme, il construisit une barque en roseaux en forme de cube, il fit monter à son bord sa famille, des familles d'artisans, un couple de chaque animal de la création. Puis, Utanapishtim raconte : «Un immense nuage noir s'éleva dans le ciel. Au milieu du nuage, Adad tonnait. Shullat et Hanish, dieux jumeaux de la destruction, s'avançaient, ravageant monts et vallées. Nergal, dieu de la pestilence, rompit les barrages du profond Océan et Ninurta ouvrit les vannes du ciel. Les dieux infernaux s'enflammèrent et incendièrent la terre entière». Le Déluge dura six jours et sept nuits. Mais, la déesse Inanna regrette et décide qu'il est temps que les eaux cessent de monter. Utanapishtim lâche une colombe, puis, une hirondelle, mais elles reviennent à l'arche affamée. Puis, il lâche un corbeau qui ne revient pas, il a trouvé de quoi se nourrir, les eaux refluent. Le navire finit par s'échouer sur le mont Nisir. Enlil, rageur, ne voulait aucun survivant et les dieux se rejettent mutuellement la faute. Enki décide qu'Utanapishtim et son épouse demeureront à l'écart car ils connaissent le secret des dieux. Enki réussit à apaiser Enlil, il se rend à l'arche et bénit le vieil homme, le dieu lui fait le don de l'immortalité.

Utanapishtim ne sait qui donnera à Gilgamesh l'immortalité, alors, il impose au roi une épreuve, à savoir rester accroupi sans dormir six jours et sept nuits. Mais, le sommeil l'envahit et Gilgamesh échoue. Il devra mourir comme tout homme. Le roi insiste : «Maintenant que j'ai fait tout ce chemin, devrais-je mourir et laisser la terre recouvrir ma tête pour toujours? Cela ne se peut. Donne moi l'immortalité.» Le vieil homme lui répondit : «Non, tu n'auras jamais la vie éternelle. Lorsque les dieux ont crée l'humanité, ils ont crée la mort, pas l'immortalité. Comme tous les hommes, tu te templiras la pense de bonne chère. Tu danseras et seras heureux jour et nuit. Fêtes et réjouissances. Tu porteras des vêtements propres, tu te laveras dans l'eau fraîche et tu chériras l'enfant qui te donnera la main. Et tu rendras ton épouse heureuse. C'est le sort de l'homme et tu dois t'y tenir.» Dans une autre version, la carabetière Siduri conseille au roi : «Où cours-tu, Gilgamesh? La vie que tu cherches tu ne la trouveras pas. Quand les dieux ont crée l'humanité, C'est la mort qu'ils lui ont réservé, La vie, ils l'ont retenue entre leurs mains. Toi, Gilgamesh, que ton ventre soit repus, Jour et nuit réjouis-toi...Contemple l'enfant qui te tient la main, Qu'une épouse vienne se réjouir sur ton sein. C'est cela l'affaire des hommes.» Finalement, le vieil homme apprend au roi où pousse la plante épineuse qui redonne la jeunesse. Gilgamesh la trouve dans un lac, la cueille et remonte à la surface. Mais, le roi s'endort près d'une source, un serpent s'approche et avale la plante, rejetant son ancienne peau. À son réveil, Gilgamesh pleure. Il a échoué dans sa quête d'immortalité et il décide de retourner à Ourouk. Dépité et vaincu, le roi montre les splendeurs de sa cité au passeur Urshanabi : «Viens, viens sur les remparts, Urshanabi, vois cette terrasse, touche ce travail de la pierre, ces briques recuites, magnifiques. Les sept sages ont édifié les fondations de ces murs. Vois cette cité, ses jardins, les terrains alentours. Ourouk, ma ville, c'est tout cela.»


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Amériques Précolombiennes: le Mythe du Dieu blanc




Dans les temps obscurs de la préhistoire, des hommes blancs et barbus ont débarqué sur le littoral du Nouveau Monde. Ils sont venus aux Indiens, leur apportant les sciences, les techniques, de sages lois et tous les éléments d'une civilisation fort avancée.

« Mes messagers racontent qu'ils ont trouvé après une marche de douze milles, un village qui pouvait bien avoir un millier d'habitants. Les indigènes les ont fort bien reçus, on les a fait entrer dans les plus belles maisons et portés en triomphe, on leur a baisé les mains et les pieds, bref, on a essayé par tous les moyens de leur montrer que Von savait les hommes blancs venus des dieux. Environ cinquante hommes et femmes les ont suppliés de leur permettre de retourner avec eux dans ce ciel des dieux éternels. »

Christophe COLOMB, 6 novembre 1492.

« Ils savaient pour ainsi dire tout; rien ne semblait leur être difficile, ni de tailler la néphrite, ni de fondre l'or, et tout cela, arts et sciences, procédait de Quetzalcóatl. »

Frère BERNARDINO de Sahagun.

Le Dieu blanc est immortel



Dans les temps obscurs de la préhistoire, des hommes blancs et barbus ont débarqué sur le littoral du Nouveau Monde. Ils sont venus aux Indiens, leur apportant les sciences, les techniques, de sages lois et tous les éléments d'une civilisation fort avancée.

C'est ce que racontent les antiques légendes des indigènes. D'après elles, les nouveaux arrivés, surgis de la mer, sont devenus les dieux blancs de l'empire indien.

Parmi tous les peuples civilisés du Nouveau Monde, la tradition d'un dieu blanc est restée vivante jusqu'à nos jours. Les Inca l'appelaient Kon Tiki Illac Viracocha, les Maya Kukulkan, les Toltèques et les Aztèques Quetzalcóatl. Chez les Chibcha, Bochica était « le manteau blanc de la lumière ». Selon les vieilles légendes, un homme blanc était venu autrefois apporter aux Maya les lois, l'écriture, et tout le peuple le vénérait comme un dieu.

Selon les mythes, les dieux blancs avaient surgi de Test dans les temps lointains de la préhistoire, des étrangers sur des bateaux énormes aux ailes de cygne, aux flancs si éblouissants que l'on eût dit des serpents géants qui glissaient sur la mer.

Quand les bâtiments eurent abordé, il en descendit des étrangers blonds, à la peau blanche et aux yeux bleus, qui portaient un vêtement d'étoffe noire grossière, taillé en rond autour du cou et ouvert devant, avec de petites manches courtes et larges. Sur le front, ils avaient un ornement en forme de serpent.

Blanc et d'une effrayante laideur — parce qu'il portait une longue barbe — tel était le grand dieu du Mexique, Quetzalcóatl, selon les anciennes chroniques, mais aussi les statues et les bas-reliefs conservés, alors que les Indiens sont en général imberbes.

En fait, ce nom de Quetzalcóatl était le titre du grand-prêtre des Toltèques et il ne fut pas seul à le porter : tous ceux qui se sont succédé dans sa charge ont été désignés de la même façon, mais c'est sous cette dénomination qu'il est devenu le dieu des Indiens. Ce-acatl ou Nactil de son véritable nom, il était fils du dieu du ciel Mixcoatl (Serpent des nuages), et la déesse de la Terre Chipalman (Bouclier couché) l'avait, selon la légende, conçu sans tache.

Quetzalcóatl était devenu roi du peuple de Tollan en 977 de notre ère. C'est alors qu'avait commencé l'âge d'or pour les Toltèques. Venu d'un des pays du soleil levant, il portait un long vêtement et vivait caché dans son palais, comme il sied à un souverain. Ses richesses dépassaient l'imagination, ses demeures regorgeaient d'or, de pierreries, de joyaux et de plumes précieuses.

Il ne s'agit nullement là d'un personnage légendaire, mais du cinquième roi des Toltèques qui vécut de 947 à 999 après Jésus-Christ. Il apprit aux hommes toutes les sciences et les usages, leur donna de sages lois et leur enseigna l'agriculture ; dans son royaume, le maïs poussait à hauteur d'homme et le coton piquetait les champs de ses taches colorées.

Interdisant les sacrifices humains et prêchant la paix, il allait même plus loin : ses sujets ne devaient pas tuer d'animaux pour se nourrir, mais se contenter des fruits de la terre.

C'était bien l'âge d'or, mais il dura peu, car un démon induisit le souverain en tentation, lui fit commettre des péchés d'orgueil, d'intempérance, de luxure et l'amena même à négliger ses devoirs religieux. Plein de honte et de contrition, il abandonna le pays avec ses serviteurs, après avoir caché ses trésors, rendu la liberté aux oiseaux de ses volières et changé les arbres en buissons épineux. Il se rendit alors sur le littoral sud du golfe.

D'après une autre légende, il serait resté vingt ans à Cholula, où les hommes auraient construit la grande pyramide en son honneur. Puis, au bout de ce temps, il aurait parlé encore une fois à son peuple et se serait rendu au bord de la mer pour monter de son plein gré sur un bûcher et s'y consumer. Son cœur serait devenu l'étoile du matin que les Aztèques appellent précisément Ce-acatl.

D'autres traditions rapportent qu'il se serait embarqué sur un navire qui l'aurait remmené dans le pays dont il était venu, mais il aurait promis aux siens de revenir.

Cieza de Léon, le vieux chroniqueur du Pérou, assure qu'un homme blanc et barbu était apparu à une époque fort ancienne aux Inca sur les bords du lac Titicaca. Personnalité puissante et créateur de toutes choses, il avait apporté aux habitants tous les éléments de la civilisation, ordonnant aux hommes de vivre en bonne intelligence et sans violences. C'était Tiki-Viracocha, encore appelé Tuapaca, ou Arunau.

Ce dieu qui était barbu et « blanc comme nous », écrit le chroniqueur, construisit une grande ville dont les temples abritaient de nombreuses statues à son effigie, comme d'ailleurs tous ceux du pays.

Mais par la suite, il quitta son peuple, non sans l'exhorter avant son départ à suivre ses enseignements. Surgi des eaux du lac Titicaca, il serait, selon Juan de Betanzos, parti de là avec son escorte vers Tiahuanaco. Il créa le soleil et les étoiles, car les ténèbres régnaient sur la Terre, puis, de grosses pierres, il fit les hommes, les animaux, et donna un roi aux humains.

D'après Ondegarde et Sarmiento, eux aussi anciens chroniqueurs du Pérou, des hommes blancs barbus sont apparus sur les rives du lac Titicaca, y ont construit une grande ville et ont amené les habitants à un haut degré de civilisation. Cette ville était si énorme que, selon les indigènes, des géants blancs seraient venus qui l'auraient édifiée — mille ans avant l'époque des Inca. Tout au moins, c'est ce que rapportent les chroniqueurs.

Par la suite, le dieu blanc serait entré en guerre contre le chef Cari de Coquimba qui l'aurait vaincu et massacré tous ses hommes. Sa ville fut détruite ; seuls les femmes et les enfants restèrent en vie. Mais Viracocha réussit à s'échapper avec quelques-uns de ses fidèles, atteignit la mer et s'éloigna sur les vagues, porté par un manteau magique après avoir promis de revenir.

Viracocha est pour les Andes, le Pérou, tout le continent sud, ce que Quetzalcóatl est pour le Mexique : le héros divinisé, venu de la mer ou surgi des eaux pour créer toutes choses. Les Aymara appelaient leur dieu blanc Hyustus et racontent aujourd'hui encore qu'il était blond aux yeux bleus.

Traduit textuellement, Viracocha signifie « écume de mer ». La science répugne à employer ce nom qui, selon elle, n'a pas de sens, mais il représente cependant une réalité, car pour les Colla de la Bolivie actuelle, il désigne le dieu du vent et quand un ouragan fouette les vagues du lac Titicaca en écume mousseuse, les anciens déclarent : « Voilà Viracocha qui vient. »

D'abord appelé Kon Tiki Viracocha, il devint ensuite Kon Tiki Illac Viracocha.

Kon (qui signifie soleil) était le dieu des Chimu. Tiki a le même sens dans la langue des Aymara et de plus il désigne une divinité polynésienne. Illac est l'éclair. « Il est le soleil du soleil, il est le créateur du monde », dit une prière inca. Partout dans les royaumes indiens du Nouveau Monde ces légendes d'un « dieu blanc » sont connues et partout elles se terminent de la même façon : il a quitté son peuple, mais en lui promettant formellement de revenir.

Partout, aujourd'hui encore, chez les Maya, au Mexique comme au Pérou et en Bolivie, cette tradition est demeurée vivante.

Mais les spécialistes modernes savent que ce mythe a été une des causes principales de la rapide décadence des royaumes indiens. Les indigènes avaient encore si nette devant les yeux l'image de leur dieu blanc que — sans hésiter une seconde —-ils accueillirent les conquérants espagnols comme s'ils représentaient celui qu’ils attendaient depuis tant de générations.

Les prêtres des Aztèques avaient calculé que, parti une année Ce-acatl (Un-Roseau) il reparaîtrait aussi une année Ce-acatl. Or, elle revient tous les cinquante-deux ans dans leur calendrier. Chaque fois, après un examen attentif des astres et autres signes, les augures annonçaient que le dieu serait là à la prochaine fête de la nouvelle année.

Par un des caprices du sort les plus extraordinaires que l’on ait connus, c'est peu avant le début d'une telle année que se répandit la nouvelle de l'arrivée en vue des côtes de « maisons d'eau avec des ailes de cygne » et au moment même où elle commençait, que l'Espagnol Cortez posait le pied sur la terre mexicaine ! Même la date coïncidait exactement avec celle que les prêtres avaient calculée pour le retour du dieu d'après d'anciennes sources : le jour du « neuf-vent ».

Le jour du « neuf-vent » de l'année « un-roseau » tombait le 22 avril 1519, un jeudi saint d'après notre calendrier. Et c'est ce jour-là que Cortez débarqua !

Le dieu blanc venu autrefois, bien, bien longtemps auparavant, portait une barrette noire et un vêtement noir — tout comme Cortez lorsqu'il descendit à terre et cela presque à l'endroit où le personnage divin avait quitté son peuple avec la promesse de revenir. Les indigènes pouvaient-ils encore douter que le nouvel arrivé fût celui-là même qu'ils attendaient depuis tant de siècles?

Mais ces dieux-là arrivaient avec le feu et le glaive.

Ils étaient certes blancs et barbus, mais ce n'était pourtant qu'un ramassis de mercenaires et d'aventuriers avides d'or qui faisaient bon marché de la vie humaine.

Les Indiens se ruèrent à leur perte les yeux fermés. Leurs civilisations florissantes furent anéanties dans le sang et la fumée. Mais ce que les Espagnols leur faisaient subir, ils le prenaient pour le châtiment du dieu blanc revenu afin de rétablir son ancien empire. Toutefois ce n’est pas tant cette croyance fanatique qui donna à une poignée d'aventuriers la possibilité de détruire jusque dans ses racines la culture d'un continent, que la guerre civile qui minait l’empire incas et le désir de revanche qui couvait dans les tribus soumises aux aztèques et aux incas.

Lorsque les indigènes s'éveillèrent enfin de leur rêve, il était trop tard. Il ne restait plus rien de leurs anciennes civilisations.

Seules, les langues ont survécu aux désastres et aux siècles. Plus de deux millions d'Indiens parlent aujourd'hui encore le maya, plus d'un demi-million, l'aztèque, près d'un million, l'otomi, le zapotèque, le mixtèque et le tarasque, quelques millions l'aymara, le quechua et le mochica. Lorsqu'un recensement fut effectué au Pérou en 1940, il s'avéra que 40 % des écoliers parlaient le quechua, la plus ancienne langue des Inca ou l'aymara, et que plus d'un tiers ne comprenaient pas l'espagnol.

Quand on étudie les populations, sur les hautes terres du Pérou, c'est comme si les antiques statues et les coupes céphalomorphes ressuscitaient, car on retrouve exactement leurs traits chez les hommes qui vivent aujourd'hui dans les montagnes.

Et une autre chose encore a été préservée tout au long des siècles : la salutation des Indiens à l'adresse de l'étranger quand il a leur confiance. C'est aujourd'hui comme il y a des millénaires : « Viracocha », (Dieu blanc). Que l'on pénètre dans la hutte d'un Indien au milieu de la jungle du Yucatan, que l'on s'asseye avec un ancien auprès du feu sur les hauts plateaux glacés de la Bolivie, ou que l'on rencontre des indigènes dans l'enfer vert de l'Amazonie, partout on raconte aujourd'hui encore la légende des hommes blancs, barbus, surgis dans les temps lointains de la préhistoire pour devenir les dieux du Nouveau Monde.

Le Dieu blanc des Indiens est immortel.

La Conquista du Mexique



Le 12 octobre 1492, Colomb abordait une petite île de l'archipel des Bahamas qu'il nomma San Salvador. C'est cet événement qui passe pour marquer la découverte de l'Amérique. Et c'est ce jour-là qu'Espagnols et Indiens se rencontrèrent pour la première fois.

« J'ai reconnu », écrit Colomb dans une lettre à la cour d'Espagne, « que ce sont là des gens qui se laisseraient convertir à notre sainte croyance plutôt par la douceur que par la force et j'ai donné à quelques-uns des perles de verre, des coiffures bariolées qui leur ont causé une grande joie et nous ont rapidement valu leur amitié... »

Vingt ans après, d'autres explorateurs avaient reconnu le littoral de l'Amérique du sud jusqu'au Rio de la Plata, Sébastien Cabot était descendu du nord jusqu'à la Floride, Balboa avait traversé l'isthme de Panama et planté le drapeau espagnol sur le rivage de l'océan Pacifique. Mais la découverte la plus éblouissante restait à faire. Inconnus de tous, de l'autre côté du vaste golfe du Mexique, des villes et des empires subsistaient. Les Espagnols ne s'étaient solidement établis que dans les îles côtières.

Quand Isabelle de Castille, la grande bienfaitrice de Colomb, mourut en 1504, il y avait sur de nombreuses îles des « Indes occidentales » des établissements espagnols qui exportaient en métropole toutes sortes de bois, de teinture, des métaux et de la canne à sucre. Un gouverneur espagnol, Velasquez, résidait à Cuba. Quand il apprit, par un navigateur aventureux qui avait été jeté à la côte, qu'il y avait là-bas de riches villes indiennes, il arma en 1518 quelques navires qui finirent par atteindre le littoral de l'Amérique centrale. Plus loin dans l'ouest, d'après ce que les indigènes primitifs de l'île avaient raconté à Velâsquez, c'était l'Eldorado, le pays de l'or dont les Espagnols rêvaient depuis si longtemps.

Le gouverneur résolut de le trouver. Pour cela, il organisa une expédition, enrôla des volontaires et, le 18 février 1519, une flotte de onze navires portant no marins, 553 soldats et 200 Indiens avec dix pièces d'artillerie lourde, quatre légères et seize chevaux, quittait Cuba pour se lancer à la découverte du pays fabuleux. Le commandant de ces forces était Hernando Cortez, noble espagnol de trente et un an établi depuis 1511 à Cuba où il avait amassé une certaine fortune en terres et laveries d'or. Il partait à la recherche du pays des Aztèques : un empire de millions d'Indiens qui maîtrisaient d'une poigne féroce les peuples qu'ils avaient vaincus. Leur souverain avait signé avec trois États voisins un pacte qui contraignait les tribus soumises à payer tribut, à livrer des esclaves et à supporter l'occupation étrangère. Mais cela, Cortez ne le savait pas encore. Le Conquistador, puisque c'est ainsi que l'histoire a nommé le conquérant du continent, longea la côte du Yucatan jusqu'à l'embouchure du rio Tabasco où il fut reçu par des guerriers indiens prêts au combat. La bataille se déroula dans la plaine de Ceutla — non loin des ruines de Palenque qui allaient devenir si célèbres — et la victoire fut remportée par les Espagnols grâce à leur supériorité en armement. Ils occupèrent la ville de Tabasco, les chefs indigènes durent se rendre et ils apportèrent à leurs vainqueurs des présents, entre autres vingt jeunes femmes.

Il y avait parmi elles une esclave qui parlait la langue du Mexique aussi bien que celle des Maya. Nommée dona Marina, intelligente, fidèle et sûre, elle devint l'interprète de Cortez... mais aussi sa maîtresse et raccompagna dans tous ses déplacements. Les Aztèques l'appelaient Malintzin : née dans la région d'Acayuan, elle était fille de cacique, mais après la mort de son père elle avait été vendue comme esclave par son beau-père, sans doute avec l'assentiment de sa mère, pour qu'elle ne pût réclamer sa part d'héritage.

Elle devait se marier deux fois par la suite, toujours avec des officiers supérieurs espagnols. Elle avait donné un fils à Cortez, don Martin, qui eut par la suite une fin tragique. D'après les chroniqueurs, elle avait un charme extraordinaire et une grande noblesse de sentiments. « Elle savait mener les Indiens exactement à son gré et nous a ainsi rendu des services de la plus grande importance. »

Malintzin se trouve au centre même de l'aventure qui commençait alors, l'un des tournants les plus décisifs de l'histoire mondiale. Son nom est vivant aujourd'hui encore dans les récits et les chansons des Indiens. Montezuma, empereur des Aztèques, informé depuis longtemps du débarquement des Espagnols, envoya des messagers chargés de présents à Cortez, mais aussi l'ordre aux étrangers de quitter le pays. Rien n'était plus loin de leurs intentions.

La première grande ville du Nouveau Monde où entrèrent les Espagnols fut Cempoala, capitale des Totonaques. Ses habitants ne ressemblaient guère aux populations à demi sauvages des îles : habillés de vêtements richement brodés, ils vivaient dans des maisons de pierre et d'argile, au milieu de temples et de palais. C'est dans cette agglomération, qui pouvait compter environ 30 000 âmes, que Cortez se rendit compte pour la première fois de la haine qui grondait contre les Aztèques. Il apprit que le pays des Totonaques, avec ses trente villes et villages, devait payer aux occupants un tribut impitoyablement prélevé. Et quand la contribution n'était pas réunie au moment voulu, les guerriers aztèques enlevaient jeunes gens et jeunes filles pour les sacrifier à leurs dieux sur les autels de Tenochtitlan, la capitale des hauts plateaux.

De Cempoala où les indigènes avaient contemplé avec un respect admiratif Cortez et sa suite dans leurs armures étincelantes, montés sur ces créatures mystérieuses, mi-hommes, mi-bêtes, les cavaliers, le chef de l'expédition revint à La Vera Cruz, sur la côte, d'où il écrivit à son souverain, Charles Quint, une lettre qui peignait avec les couleurs les plus alléchantes la perspective de conquérir un vaste empire. Mais avant même que le navire eût levé l'ancre pour rentrer en Espagne avec cette missive, Cortez découvrit une conjuration des partisans de Velâsquez qui projetaient de l'évincer, lui, le chef absolu et impitoyable. Il fit mettre à mort les principaux meneurs, puis détruire ses bateaux pour rompre tous les liens avec le monde extérieur et couper la retraite à ses soldats.

Il avait devant lui l'empire de Montezuma, dont les dispositions à son égard n'étaient nullement amicales et des dizaines de milliers de guerriers farouches. La petite troupe ne s'en lança pas moins bravement vers l'ouest, en tournant le dos à la côte. Au bout de bien des journées de marche à travers des régions montagneuses désolées, elle arriva au pays des Tlaxcalans qui l'accueillirent les armes à la main. Des escarmouches s'ensuivirent et enfin une véritable bataille rangée qui se solda par de si lourdes pertes pour les indigènes qu'ils implorèrent la paix et se soumirent aux Espagnols.

Là, dans cette ville de Tlaxcala, si belle et si imposante que Cortez la compare à Grenade, un nouvel envoyé de l'empereur fit son apparition, toujours avec de riches présents et, cette fois, la permission de lui rendre visite dans sa résidence de Tenochtitlan. Il priait seulement les étrangers de prendre la route passant par Cholula. Les Tlaxcalans, désormais alliés des Blancs, leur déconseillèrent formellement cet itinéraire, assurant qu'il s'agissait d'un guet-apen et que Montezuma voulait les cerner à Cholula. Cortez hésita, puis décida de passer outre, car cette dernière ville lui avait envoyé une invitation.

C'était bien un piège. Deux mille hommes attendaient les envahisseurs étrangers mais les cavaliers, les canons et les nouveaux alliés de Cortez furent les plus forts.

Les Indiens s'enfuirent. Des maisons écroulées, des charpentes en flammes, des assassinats et des horreurs sans nombre marquèrent la fin de Cholula. Les prêtres qui s'étaient retranchés dans les vastes temples se précipitèrent du haut des terrasses quand ils virent que la bataille était perdue. Quand le fracas des armes s'éteignit, la ville était en grande partie détruite. Six mille cadavres jonchaient les rues.

Pour les indigènes, cette effroyable défaite était le châtiment du dieu blanc. De nombreuses villes voisines envoyèrent des émissaires pour proposer leur soumission.

Rien ne pouvait plus désormais arrêter Cortez. A la tête de sa petite armée, il triompha des obstacles de la sierra et se dirigea droit vers la capitale, à la lisière des neiges éternelles.

Au cœur du royaume



Le 8 novembre 1519, Hernando Cortez faisait son entrée avec 400 soldats à pied, une douzaine de cavaliers et quelques canons dans Tenochtitlan, capitale d'un peuple qui comptait un million d'âmes. Devant lui, au milieu du lac Texcoco, dans un cadre admirable, la grande ville orgueilleuse dressait ses pyramides et ses temples. Loin dans la large vallée, la montagne royale de Chapultepec portait le château du souverain mexicain.

Mais à la cour de Tenochtitlan, les pressentiments les plus noirs étreignaient les cœurs. Les envoyés de Montezuma apportèrent des charges d'or, promirent un tribut annuel, tout pour que les Espagnols se retirent. Le frère de l'empereur voulait, il est vrai, réunir sur-le-champ une armée pour anéantir les étrangers, mais le souverain se décida en faveur d'un accueil amical. « A quoi bon résister, puisque les dieux se sont prononcés contre nous? » déclara-t-il, désespéré.

Cinq chaussées coupées par des ponts traversaient le lac pour mener aux îles sur lesquelles la capitale était construite, telle une Venise mexicaine. La petite armée les franchit et s'installa dans le palais du père de Montezuma, énorme bâtiment aux allures de forteresse en plein cœur de la ville. L'empereur s'était montré généreux et les conquérants ne manquaient de rien. Mais leur liberté de mouvements était fort restreinte dans la cité populeuse et l'inconvénient était surtout grave pour les précieux chevaux qui avaient jusqu'alors emporté la décision dans tous les combats.

Il ne tarda pas à devenir évident que l'on ne considérait que bien à contrecœur les étrangers comme des hôtes. Des doutes sur leur caractère divin s'étaient très vite manifestés parmi les Aztèques. Leur attitude arrogante menaçait en outre de créer une situation critique. On en arriva à des disputes lorsque les intrus se prononcèrent avec plus de netteté contre l'ampleur des sacrifices humains. Même les nouveaux alliés, les troupes de soutien recrutées parmi les populations soumises aux Aztèques, se mirent à harceler les Espagnols. La révolte pouvait éclater d'un jour à l'autre. Dans ce cas, les aventuriers se trouveraient bloqués sur une île difficile à défendre, au milieu d'un lac, où leur supériorité en armement ne leur serait pas d'un grand secours. Ils s'étaient laissé prendre au piège.

C'est alors que Cortez résolut de jouer le tout pour le tout : il emprisonna l'empereur dans son palais où il l'avait attiré grâce à un misérable subterfuge. Il détenait ainsi un otage qu'il pensait bien utiliser au mieux de ses intérêts. Et le calcul se révéla juste.

Désemparés, les nobles, les courtisans et les serviteurs du souverain assistèrent sans réagir au coup de force. L'adoration mystique éprouvée au début pour les dieux blancs s'était changée en haine féroce. Les dirigeants commencèrent à dresser des plans pour se libérer des envahisseurs...

Mais le destin intervint. Au lieu des renforts attendus d'Espagne, ce fut une flotte envoyée par Velâsquez qui aborda les côtes : 18 bâtiments, 900 soldats à pied, 85 cavaliers et 12 canons sous le commandement de Narvaez qui avait mission de ramener enchaîné à Cuba le rebelle Cortez et de continuer la conquête à sa place.

Celui-ci se rendit aussitôt compte du danger mortel qu'il courait. Il laissa 140 hommes derrière lui pour garder l'empereur et tenir la ville, puis se porta avec le reste au devant de son compatriote. La place de La Ver a Cruz lui ouvrit ses portes et une partie des mercenaires espagnols du camp adverse se rallièrent à lui.

Il attaqua sans plus tarder Narvaez qu'il fit prisonnier après un court engagement au voisinage de Cempoala, cette ville où les Blancs avaient pris pour la première fois contact avec la civilisation indienne.

De nouveau la situation s'était retournée. La misérable petite troupe décimée par les combats précédents était désormais devenue une armée imposante, avec une cavalerie fortement armée, résolue, autant que son chef, à risquer le tout pour le tout. La marche vers la capitale fut décidée et entreprise sans retard.

Là-bas, entre-temps, la situation s'était aggravée. Par sa sévérité exagérée et l'exécution d'Aztèques de haut rang, le représentant de Cortez avait suscité une opposition acharnée. A peine les troupes de secours avaient-elles atteint la ville que la lutte ouverte s'engageait. Le palais fut assiégé par une armée puissante réunie à cet effet et chaque fois que les Espagnols se montraient, ils étaient assaillis par une grêle de flèches et de projectiles. Les courageuses sorties des assiégés n'obtenaient aucun résultat. Il devenait nécessaire de prendre des mesures radicales. Cortez décida de se servir de son impérial otage.

Montezuma proposa de parler à son peuple. Ce qui se passait dans l'esprit de ce fier souverain demeurera éternellement mystérieux. Autrefois « Seigneur courroucé » et vainqueur fameux dans de nombreuses batailles, il s'inclinait désormais devant la supériorité de son adversaire et s'humiliait devant son propre peuple. Il est vrai qu'il n'était plus le chef de celui-ci depuis longtemps. Des cris de dérision l'accueillirent quand il monta sur une plate-forme pour prendre la parole. Une pierre l'atteignit à la tempe et c'est ainsi qu'il finit.

Dans la nuit du Ier juillet 1520, Cortez dut entreprendre une périlleuse retraite sur les étroites chaussées qui traversaient le lac de Texcoco. Il y perdit toutes ses pièces d'artillerie, toute sa poudre, presque tous ses chevaux et la plus grande partie des inestimables trésors qu'il avait amassés. A peine la moitié de ses hommes parvint au rivage. Ce fut la noche triste, la nuit effrayante, dont Cortez et les survivants émergeaient avec ce qu'ils avaient sur le dos, guère plus.

Derrière eux, ils voyaient les feux brûler sur les autels des sacrifices, ils entendaient les hurlements de leurs camarades que Ton égorgeait. Devant eux, toutes les voies étaient bloquées : le peuple aztèque s'était dressé comme un seul homme.

Poursuivi par un ennemi bien supérieur en nombre, le Conquistador longea la rive du lac. Sa position semblait désespérée : l'armée du nouveau souverain, Quauhtemoc, grossissait de jour en jour, toutes les réserves ayant été appelées pour lutter contre ce dangereux adversaire, alors que du côté espagnol il n'y avait guère de soldat qui fût indemne. Cortez lui-même perdait son sang par de nombreuses blessures.

Finalement, la bataille décisive se déclencha, le 8 juillet 1520, vers Otumba. Elle paraissait perdue pour les envahisseurs lorsque Cortez ordonna, à la dernière minute, un assaut désespéré. Et une fois encore, le sort des troupes blanches décimées fut déterminé par la terreur superstitieuse des Indiens devant les cavaliers qu'ils considéraient comme des êtres fabuleux, mi-hommes, mi-bêtes. L'attaque réussit, les Mexicains s'enfuirent, affolés, les auxiliaires indiens se chargèrent de nettoyer le terrain.

Quelques semaines plus tard, Cortez se retournait de nouveau contre la capitale. Les Aztèques, sous le commandement de leur nouvel empereur, Quauhtemoc, se défendirent avec un courage désespéré. Mais cette fois les îles en flammes furent conquises par un millier à peine d'espagnols. Plus de 100 000 cadavres jonchaient les rues de la grande ville qui n'était plus que ruines fumantes.

Les Aztèques, même leurs plus puissants seigneurs, devinrent des esclaves qui durent raser de leurs mains l'antique capitale. La ville impériale fut ainsi anéantie en plein épanouissement.


Auteur

  • Pierre Honoré

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